Logiciels

bandes de fréquences, mode d’emploi

Les enchères pour l’attribution des fréquences 5G débuteront mardi en France. Cette technologie sera lancée en utilisant d’abord la bande de fréquences allant de 3,4 à 3,8 gigahertz (GHz).

Annoncée comme le big bang des télécoms, la 5G, dont l’attribution des premières fréquences sera mise aux enchères mardi en France, doit proposer des services innovants en reposant sur la même ressource publique que les générations précédentes de téléphonie mobile: les ondes « hertziennes ».

Limitées, celles-ci doivent être réparties sur le spectre électromagnétique selon leurs caractéristiques physiques pour pouvoir répondre à tous les usages. La 5G sera lancée en France en utilisant d’abord la bande de fréquences allant de 3,4 à 3,8 gigahertz (GHz). Explications.

La 3,5 GHz, « bande-coeur » de la 5G

La lumière, des infra-rouges aux ultra-violets en passant par les couleurs, le four à micro-ondes ou la téléphonie mobile passent par des ondes électromagnétiques. Elles sont toutes mesurables via leur « longueur d’onde » mais aussi par leur fréquence en hertz, raison pour laquelle on parle « d’ondes hertziennes ».

La majorité des ondes utilisées pour les activités technologiques humaines (télévision, radio, satellites, wifi, radar…) se situent entre 3 kilohertz (KHz) et 300 gigahertz (GHz).

Pour chaque usage, on réserve une partie du spectre, délimité par deux longueurs d’ondes précises: c’est ce qu’on appelle « les bandes de fréquences », qui peuvent être de tailles très diverses, selon les besoins et les possibilités.

La téléphonie mobile n’utilise qu’une très petite partie de toutes ces bandes de fréquences. La « bande-coeur » pour le déploiement de la 5G, sur le point d’être attribuée aux opérateurs, est improprement appelée bande 3,5 GHz (en réalité comprise entre 3,4 GHz et 3,8 GHz).

Les fréquences attribuées à la téléphonie mobile
Les fréquences attribuées à la téléphonie mobile © Arcep

Bande 700 MHz, la « fréquence d’or »

Pourquoi d’abord la bande 3,5 GHz et non les autres déjà utilisées ou en passe de l’être? Selon leur position sur le spectre électromagnétique, les bandes n’ont pas les mêmes qualités physiques.

Plus elles sont basses, plus elles permettent d’avoir une portée importante avec une meilleure pénétration dans les bâtiments. C’est la raison pour laquelle la bande 700 MHz, la plus basse utilisée pour la téléphonie mobile, est surnommée la « fréquence d’or ».

Mais ces bandes plus basses, utilisées par les opérateurs télécoms pour les réseaux 2G, 3G et 4G, sont également les plus chargées.

Une antenne en bande 700 MHz va avoir une zone de couverture de plusieurs kilomètres. Son avantage, par rapport à d’autres, c’est qu’elle peut très rapidement procurer une couverture importante si demain elle passe en 5G », explique à l’AFP Gilles Brégant, directeur général de l’Agence nationale des fréquences (ANFR).

« En revanche sur le long terme, comme elle n’a pas une capacité qui est très grande par rapport à la bande 3,5 GHz, elle aura forcément des limites si le nombre d’usagers croît très vite », ajoute-t-il.

Différents usages

Or la 3G et plus encore la 4G ont fait décoller l’usage de l’internet mobile et augmenter le trafic de données avec un risque de saturation. La 5G devant accélérer encore ce mouvement, il était nécessaire de trouver des bandes plus larges et disponibles comme la 3,5 GHz.

On peut avoir avec cette bande entre 50 et 100 MHz, ce qui est sensiblement plus que ce que les opérateurs ont dans les autres bandes qui ont été ouvertes pour la 2G, 3G, 4G. C’est une bande qui va leur permettre de tenir le très haut débit dans le trafic qui va se créer quand il y aura beaucoup de téléphones 5G en circulation », souligne Gilles Brégant.

A terme, les autres bandes actuellement employées par les opérateurs basculeront aussi en 5G. Les bandes plus basses (700-800-900 MHz) serviront à faire la couverture, les bandes moyennes (1,8 GHz, 2,4 GHz, 3,5 GHz) pour la renforcer dans les zones les plus denses, absorber le trafic et accélérer la vitesse de connexion, les bandes hautes (26 GHz) pour proposer un très haut débit avec peu de latence.

Les enchères ne concernent pas la bande des 26 GHz, qui ne fait pour l’instant l’objet que d’expérimentations car ses effets potentiels sur la santé sont moins bien connus. « Normalement, les licences ne devraient être accordées par le régulateur qu’à partir de 2022-2023 », précise l’ANFR.

Ce sont pourtant ces fréquences dites « millimétriques » qui doivent apporter une réelle révolution avec des débits de données inégalés.


Source link