Techno / High-Tech

jusqu’où la France est-elle prête à aller ?


Le comité d’éthique de la défense vient de publier son avis sur l’intégration de l’autonomie des systèmes d’armes létaux. C’est le deuxième sujet dont il s’empare après celui du soldat augmenté. Rappelons qu’il a été créé en 2019 sous l’impulsion de la ministre des Armées Florence Parly, de manière à évaluer les enjeux éthiques des nouvelles technologies.

Ses conclusions sont claires en apparence. Il n’est pas question d’autoriser les « robots tueurs » en France. Cette expression renvoie aux SALA (les systèmes d’armes létaux autonomes). Cela ne fait que confirmer la position de notre pays depuis plusieurs années sur le sujet. Mais les choses sont complexes, et le comité d’éthique livre un rapport nuancé.

Des armes qui restent sous contrôle humain

Cette instance ne voit ainsi pas d’objection à l’introduction d’une certaine dose d’autonomie et donc de recours aux SALIA (systèmes d’armes létaux intégrant de l’autonomie). Ce qui distinguerait les SALA des SALIA, « c’est une différence de nature qui tient à la place de l’humain dans certaines fonctions critiques », peut-on lire dans le rapport.

Le SALA a été conçu pour faire évoluer ses propres règles de fonctionnement et redéfinir tout seul sa mission. Il se passe ainsi de l’appréciation de la situation par le commandement.
Le SALIA peut se voir attribuer la responsabilité et l’exécution de certaines tâches de façon autonome mais de manière temporaire et uniquement pour des missions d’identification, de classification, d’interception ou d’engagement.
Le comité d’éthique précise bien qu’il ne peut prendre d’initiatives létales sans contrôle humain. Même dans ce cadre restrictif, il s’agirait d’instaurer des garanties techniques et organisationnelles pour prévenir tout débordement.

Les robots tueurs deviendraient un sujet de recherche

Le comité estime que la recherche doit toutefois se poursuivre dans les domaines de l’intelligence artificielle de défense et des automatismes dans les systèmes d’armes. L’objectif serait d’éviter tout « décrochage scientifique et technique », de lutter contre le développement de SALA par un adversaire, et, enfin, de se défendre contre ce type d’armes dans le cas éventuel où un adversaire y aurait recours. 

On attend maintenant la réaction officielle de la ministre des Armées qui doit examiner le texte attentivement avec ses équipes avant toute communication. Nul doute que les associations de défense des libertés se manifesteront également. Human Rights Watch et Amnesty International militent depuis longtemps pour l’interdiction pure et simple des systèmes d’armes létaux autonomes. Une perspective que la France a toujours écartée.

Source : Avis du Comité d’éthique de la Défense


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